Le Contreseign d’un intérimaire ou la reculade démocratique.

By Team BKBK
July 26, 2020 • 11:51 AM

Barnabé Kikaya Bin Karubi, Professeur, Université de KINSHASA, Faculté des Lettres, Departement des Sciences de l’Information et de la Communication, KINSHASA, RD Congo | Twitter: @kikayabinkarubi
Qu’on le veuille ou non, les récentes nomminations dans l’armée et dans la magistrature entrent dans l’histoire comme des nomminations qui ont été contestées. Et de ce fait, l’aura du signataire, du contresignataire à tord ou à raison, et des heureux promus se verra ternie.
Du coup, c’est la République Démocratique du Congo, qui se veut un Etat de Droit qui perd, avec des Officiers Supérieurs de l’Armée et des Hauts Magistrats contestés, du fait de la politisation de ces deux institutions.
Conscients d’être mal nommés, Magistrats et Officiers supérieurs réclameront tôt ou tard la régularisation de leurs grades.
Même en se faisant installer officiellement avec tambour et trompette, les bénéficiaires des promotions opérées dans la magistrature et dans l’armée (en attendant la police) sont conscients que du point de vue de la légalité, les ordonnances contresignées par le VPM à la place du PM ne sécurisent pas du tout à leur avantage.
Un changement brusque dans les institutions de la République consécutif à l’application de l’article 64 de la Constitution, ou un changement normal résultant des élections de 2023 : toute remise en question desdites promotions se justifiera.
Certes, ni le FCC, ni le Premier Ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, et surtout pas l’Autorité morale Joseph Kabila Kabange n’y sont contre.
Au contraire, ils se sentent heureux. Car, lorsqu’ils étaient de l’opposition, l’UDPS et ses ONGs diabolisaient les Fardc et la Justice (on doit aussi ajouter la Police).
Ils les présentaient en bourreaux des populations congolaises jusqu’à réclamer et à obtenir des Européens et des Américains des sanctions à l’encontre des officiers et magistrats promus.
Leur seul tort était d’appartenir a ce qu’ils qualifiaient d’armée et de justice corrompues de Joseph Kabila.
Que l’UDPS et ses ONGs se réjouissent de la promotion des hauts magistrats et des officiers supérieurs hier diabolisés, c’est la preuve que ces braves compatriotes n’ont jamais été ce qu’ils prétendaient être.
Pourquoi alors avoir gâché ce qui devrait être une raison de gaieté ?
En piégeant volontairement la promotion en grade accordée à ces compatriotes, c’est comme si la préoccupation pour le chef de l’Etat était de les assujettir à son autorité qu’à reconnaître leurs mérites.
Depuis 1960, les nominations touchant à la magistrature et à l’armée (on doit ajouter la police) ont toujours respecté les règles de l’art. C’est pour la première fois que ces règles sont violées, et au lieu d’en faire le constat, les chantres de l’Etat de droit s’en réjouissent.
C’est comme si la promotion qu’on vante tant avait plutôt un Plan B, de quoi doucher l’enthousiasme des bénéficiaires.
Le FCC plaide pour le respect et l’honneur des militaires et des magistrats promus. Il ne faudrait pas que devant leurs collaborateurs au pays ou devant leurs partenaires à l’étranger, ils se sentent mal dans leur peau.
L’armée et la magistrature (il faut ajouter la police) font partie des corps de dignité pour tout État.
Seul un Etat voyou ou une République bananière polities ses services de sécurité et sa magistrature.
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