L’Afrique et la gestion de sa mémoire politique, à travers ses présidents

A travers cet article, le professeur Bob Bobutaka Bateko invite les dirigeants africains à travailler à l’enracinement de la culture démocratique dans la gestion de la cité. Ce qui conduira à la passation civilisée et démocratique des pouvoirs, favorisant la continuité dans l’action.

La rupture qui s’opère entre l’ancien et le nouveau pouvoir n’est pas faite pour faciliter le développement harmonieux du continent noir. Ceci contribuerait aussi à la protection d’anciens chefs d’Etat et à la pérennisation de la mémoire collective.

Nous avons toujours affirmé que la colonisation de l’Afrique a été à la fois un désastre pour la société africaine et le peuple africain, et aussi une opportunité pour la cohésion et la revalorisation de l’Afrique dans son intégralité. Elle est un désastre, entre autres, parce que l’Afrique est devenue un contexte de vassalité de l’Occident avec la déculturation de l’Africain, etc.

Cependant, il faudra aussi retenir que la colonisation et, grâce aux deux mondiales, les colons se sont rendu compte que l’Africain a aussi beaucoup œuvré pour la déroute de l’Allemagne nazi, par exemple. Même si la colonisation, avec l’instauration des frontières et la création des Etats africains, à favorise la séparation des peuples, mais on doit également mettre à son actif, surtout la revalorisation de l’Afrique comme un tout inséparable du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.

Les indépendances des pays africains vieilles d’à peine de soixante ans ont favorisé aussi la prise en charge de l’Afrique par les Africains valorisant ainsi la gestion de la reconstruction de sa mémoire collective. Avec les indépendances, il y a les phénomènes des pères de l’indépendance et les premiers présidents africains.

Les Etats africains ont des problèmes pour la gestion de leur mémoire, surtout du fait que les présidents, une fois, démis de leurs fonctions ou en fin mandat, ne sont pas rassurés d’une vie normale. Et comme grief essentiel avancé par les adversaires politiques, ils ont mal gouverné leurs pays. Il est vrai qu’avec la responsabilité sociétale citoyenne, les droits de l’Homme, la démocratie, tant qu’ils connaissent le déboire à la fin de leur mandat ?

Nous observons que les anciens présidents des pays dits développés sont reconnus et valorisés comme tels, alors qu’en Afrique particulièrement, les présidents, en fin mandat, ne connaissent pas une vie normale et beaucoup sont forces à l’exil. Cette situation n’est guère encourageante pour la continuité des affaires de l’Etat et moins encore pour la gestion de la mémoire collective dont une partie est gardée par cette catégorie de personnes.

Il est vrai que l’exercice du pouvoir peut conduire à des abus, mais au nom de l’unité et de la paix fragiles des pays africains et, en tenant compte de l’anthropologie du pouvoir africain traditionnel, la sagesse voudrait qu’i| y ait une nouvelle orientation politique de la gestion des anciens présidents pour qu’ils continuent à œuvrer pour le développement de leurs pays.

Pour la mémoire politique, la gestion orthodoxe des anciens présidents va permettre d’assurer aux Etats africains la gestion de leurs mémoires collectives à travers les différents types d’archives stratégiques que ces présidents ont eu à gérer pendant qu’ils étaient en fonction.

Nous sommes convaincus que cette approche aura de l’incidence pour le vrai développement de l’Afrique. Certes, les efforts doivent aussi être fournis quand on est au pouvoir en posant des actes plus constructifs pour la terre aussi bien de ses ancêtres que de ses arrières-arrières petits fils et petites filles.

Aucune entreprise humaine n’est parfaite, mais avec une certaine positivité, on peut gérer le présent et prévoir le futur des Etats africains avec moins de casses.

Tout pouvoir est éphémère, mais dans cette brevète, ce qui est important c’est d’être pleinement au service de sa communauté, quand bien même, en guise de feedback politique, aucun dirigeant n’enregistre le global satisfecit de son entreprise politique de la part de ses compatriotes.

C’est aussi l’expression de la dialectique sociétale.

Dans la société de l’information, il sied de noter que le président de la République est le seul citoyen qui détient un nombre exponentiel d’informations stratégiques du pays. Par conséquent, il est le gardien de la mémoire de l’Etat, voire le premier archiviste d’Etat. Et la gestion de celle-ci pour la continuité de l’Etat nécessite une certaine garantie de la République pour le président en fin d’exercice.

Enfin, la cérémonie de passation des pouvoirs entre le président entrant et celui dit sortant est un moment important et essentiel pour garantir la continuité managériale du pays, et ce, en termes de gestion de la mémoire républicaine.

Prof. Bob Bobutaka Bateko, Communication politique, Communication des organisations, Communication sociale et Communication scientifique.

L’Avenir