Félix Tshisekedi affirme ne pas être une « marionnette » de Kabila

En séjour dans la capitale cuprifère, après une visite de travail chez le voisin zambien, le Président Félix Tshisekedi a accordé une interview exclusive à France 24 et RFI.

C’était l’occasion pour le chef de l’Etat congolais de fixer l’opinion sur certaines questions de l’heure. Et justement, la question qui revient souvent, celle en rapport avec le fait que Félix Tshisekedi serait Président par procuration, que Joseph Kabila dont il est devenu « une marionnette » est celui qui détient la clé du pouvoir, a été évoquée par les confrères de la presse française. A ce sujet précis, le Président Tshisekedi n’est pas allé sur quatre chemins.

« Moi, je ne pense pas que je suis une « marionnette ». J’ai privilégié, ça il faut le dire, la stabilité de l’Etat. Nous sommes dans une alternance qui s’est historiquement bien déroulée. Je crois qu’il faut préserver la paix et la stabilité du pays. Et c’est peut-être ça qui fait dire à certains que je suis marionnette », a-t-il fait savoir. En d’autres termes, Félix Tshisekedi a voulu se démarquer des radicaux et autres partisans de la table rase qui auraient voulu que cette alternance s’inscrive dans la logique de la chasse aux sorcières en jetant dans le fleuve les dignitaires du régime Kabila.

A moins d’être animé de mauvaise foi, il faut reconnaître que le Congo allait être perdant en s’engageant dans une telle voie. Nos années d’indépendance émaillées de sang et de violence sont édifiantes à ce sujet. Unis, nous seront forts, divisés, nous prêterons le flanc à nos ennemis qui ne jurent que pour la balkanisation de la RDC. L’histoire renseigne chaque fois qu’un groupe au pouvoir en profite pour neutraliser ses adversaires politiques, ces derniers finissent par s’organiser pour prendre le pouvoir par la force ou pour empêcher leurs adversaires de gouverner.

C’est qui se passe au Soudan et en Algérie devrait nous interpeller. Aujourd’hui plus que hier, les intérêts du pays commandent que les Congolais regardent tous dans la même direction. La stabilité et la paix dont le pays a besoin pour sa reconstruction est à ce prix. Pour éviter les scénarios catastrophes, les dirigeants au pouvoir réunis dans la coalition FCC-CACH devraient éviter toute confrontation. Ceux qui sont à l’opposition devraient privilégier une opposition constructive pour le bien de la république.

Théodore Ngangu Ilenda/MMC sur https://www.digitalcongo.net/article/5d1a067c8c01640004a2849d/