RDC : La principale activité d’une Conférence épiscopale doit être l’évangélisation et non la politique (Nonce apostolique)

Mgr Ettore Balestrero, récemment nommé par le Pape François Nonce apostolique à Kinshasa, s’est prononcé lundi dernier sur le rapport entre l’Eglise et la politique. Il a pris la parole à l’ouverture de la 31e Semaine théologique de l’Université Catholique du Congo (UCC) placée sous le thème général : « Religion et politique : la vision de l’Eglise catholique ».

« Je pense que les conférences épiscopales ont un rôle particulier en donnant la possibilité à l’Eglise parler d’une seule voix pour le bien du pays. Il est nécessaire d’avoir l’équilibre. Souvent, c’est un équilibre déséquilibré. La mission centrale de l’Eglise et de la conférence épiscopale, c’est le salut des âmes », a t-il déclaré.

Pour lui, l’action politique et sociale ne peut être la priorité de l’action de la conférence épiscopale.

« Il y a aussi une activité politique des évêques, mais cela ne peut être la majeure partie de leur activité. L’Eglise s’occupe de l’homme et elle prend des positions pour défendre l’homme dans la société, mais l’Eglise n’est pas là pour faire la politique. L’Eglise existe pour le salut des âmes. Nous devons respecter cet équilibre », a t-il ajouté.

Depuis 2018, il assurait les tâches de chargé d’affaires en RDC, après le départ de Mgr Luis Montemayor en février 2018. Dans son discours d’environ une demi-heure, il a rappelé également l’urgence de la fonction évangélisatrice de l’Eglise.

« L’intervention dans le domaine social ne doit pas occuper la majeure partie de l’activité d’une conférence épiscopale. Cela peut être comme ça à une période de l’histoire, mais pas pendant un temps indéfini (…). C’est vrai qu’il y a des urgences et en période d’urgence on doit le faire, mais on ne doit pas vivre que dans l’urgence. Et même l’évangélisation est urgence, et une urgence prioritaire », a encore dit le nouveau nonce.

Mgr Ettore Balestrero a appelé l’Eglise à mettre également de l’ordre dans sa propre maison.

Il a ajouté que l’intervention de l’Eglise en politique a pour rôle de créer les conditions pour que la foi soit vécue en liberté. L’action politique dans ce cas n’est pas prioritaire.

Pour rappel, le Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) était revenu sur les résultats de la présidentielle du 30 décembre 2018. A l’issue de sa session ordinaire du 27 février au 2 mars 2019, l’épiscopat avait noté qu’une grande partie du peuple « a ressenti une profonde frustration » face à la situation de « déni de vérité » étant donné que « les résultats de l’élection présidentielle tels que publiés par la CENI ne correspondent pas aux données collectées » par sa mission d’observation électorale à partir des bureaux de vote et de dépouillement.

Au total, 40.000 observateurs de court terme et 1026 observateurs de long terme avaient été déployés par l’Eglise catholique dans tout le pays pour ces élections. Il s’agissait de la plus grande mission électorale.

https://actualite.cd/2019/05/15/rdc-la-principale-activite-dune-conference-episcopale-doit-etre-levangelisation-et-non