Tshisekedi aux États-Unis : «Économie D’Abord» !

Nairobi le 14 mars, Kigali les 25 et 26 mars : les deux dernières sorties du Président Tshisekedi à l’étranger ont porté essentiellement sur l’économie, bien que l’Environnement ait été à l’honneur pour la première (One Planet Summit).

«Jamais deux sans trois», dit-on : la troisième sortie hors Afrique, c’est-à-dire la première en Amérique (États-Unis), s’inscrit dans la même logique, même si les concepts comme Droits de l’homme et lutte contre la corruption sont mis en exergue.

Lorsque Donald Reagan accède à la Maison Blanche en 1981, sa politique étrangère est fondée sur le concept «Trade ont aid» signifiant littéralement «Commerce, pas d’aide». C’était clair que l’époque de la coopération entre Washington et les autres capitales du monde était révolue. 

Ce concept, pourtant, n’est pas d’origine américaine. Il remonte à la 2ème Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement tenu en 1968.

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Par rapport à l’Afrique, et surtout à la RDCongo, ce concept s’expliquait. Après tout, ce Congo à la naissance duquel les Américains avaient largement contribué sous le couvert du roi Léopold II à Berlin en 1885 avait, a et aura une vocation de grande puissance économique.

Tenez !

Le 5 novembre 1997, Bill Richardson, alors ambassadeur des États-Unis aux Nations-Unies, le décrit en pays stratégique pour le sien. Ses propos sont exactement les suivants : «La République Démocratique du Congo revêt une très grande importance pour les intérêts des États-Unis en Afrique. La RDC est essentielle pour ce qui est des intérêts américains parce qu’elle est appelée à devenir le moteur de la croissance en Afrique centrale, en raison de sa situation stratégique. La RDC offre des possibilités immense pour ce qui est de son développement économique et des investissements américains : elle possède 13 % des réserves hydroélectriques du monde, 20 % des réserves de cobalt du monde, 18 % des réserves de diamant à usage industriel du monde, 6 % des réserves du cuivre du monde, des sols fertiles pour l’agriculture…et enfin la moitié des forêts tropicales d’Afrique».

Mais où sont-ils, ces investissements, actuellement ?

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Dans un récent débat sur le Net (e-mail), un compatriote les cite : Institut médical évangélique de Kimpese au Kongo Central, Université libre du Congo (Unikis) à Kisangani, le Centre de recherche nucléaire de Kinshasa (Cernk) à l’Université de Kinshasa et la ligne Inga-Shaba. Il a omis de souligner que les trois premiers remontent à plus 60 ans, le dernier à plus de 40 ans. 

Certes, il y a aussi Goodyear et General Motor pillés en 1991. Ajoutons, pour faire complet, Tenke-Fungurume Mining au Katanga, revendu d’ailleurs aux Chinois en 2017 !

Si on doit se montrer franc et conséquent, on doit admettre que l’intérêt américain appelé Congo est loin de refléter le potentiel que représente ce pays en termes de ressources naturelles et humaines, d’une part, et en termes de marché de consommation d’autre part.

Dès lors que, selon le communiqué de l’ambassade des États-Unis, les officiels considèrent que «La visite du président Tshisekedi offrira l’occasion d’évaluer plus en détail notre intérêt commun à lutter contre la corruption, à respecter les droits de l’homme, à améliorer les services de santé et d’éducation pour le peuple congolais, à améliorer la sécurité» et, surtout, «à créer plus d’emplois pour les Congolais en attirant plus d’investisseurs américains», l’interprétation à en faire est que Washington et Kinshasa veulent étrenner de nouvelles relations économiques.

Il faut bien que le nouveau régime congolais déploie assez d’ingéniosité pour convaincre les investisseurs américains à s’intéresser effectivement du Congo, non comme cela se passe jusque-là (entendez depuis l’Indépendance), mais comme cela doit désormais se passer.

Les premières décisions étant saluées, des signaux d’encouragement doivent être perçus.

Washington sait qu’à l’heure actuelle, Kinshasa a un défi à relever dans ses relations avec l’Etranger : «Economie D’Abord !». 

Seule la bonne économie est source de création d’emplois, et le plein emploi est une arme redoutable contre la corruption, de même contre la violation des droits de l’homme…

Omer Nsongo Die Lema

@omernsongo