Réduction du train de vie des députés nationaux : l’amendement de Sesanga rejeté par la plénière

Avec le rejet de son amendement portant sur la réduction du train de vie des députés nationaux, Delly Sesanga se dit déçu de voir que les représentants du peuple ne soient pas engagés sur la voie de consacrer l’essentiel de l ‘effort national à la reconstruction du pays dès lors que le fonctionnement des institutions consomme l’’essentiel des ressources publiques.

L’Assemblée nationale a poursuivi, mercredi 20 mars, l’adoption article par article du projet du Règlement intérieur élaboré par la Commission spéciale. Parmi les 705 amendements- recensés sur les 256 articles de ce texte devant réglementer en interne le fonctionnement de la Chambre basse du Parlement, figure celui du député national Delly Sesanga. L’élu de Luiza et de Kananga a simplement proposé la réduction du train de vie des élus du peuple. Son amendement n’a pas été retenu quand bien même la Commission spéciale est d’avis que l’option soit plutôt appliquée pour l’ensemble des institutions de la République et non pas exclusivement à l’Assemblée nationale.

En réaction devant la presse, l’auteur de l’amendement se dit « profondément déçu de voir que les élus nationaux ne sont pas engagés sur la voie de consacrer l’essentiel de l’effort national à la reconstruction du

Pays ». « Il faut savoir que le fonctionnement de nos institutions consomme l’essentiel des ressources publiques. Aujourd’hui si vous prenez la part des impôts qui sont payés, rien que l’exécution du budget de l’année dernière, vous verrez que pratiquement 70 % des ressources vont à payer les salaires et à assurer le fonctionnement des institutions. Ça veut dire, qu’à partir de ce moment-là, on n’a pas les moyens pour faire les investissements pour l’avenir construire les écoles, les hôpitaux, les routes, etc. On ne peut pas consacrer toutes les ressources à faire fonctionner les institutions », a-t-il déclaré.

La politique attire vers elle tous les talents

Pour Delly Sesanga, il y a un deuxième élément qui a motivé son amendement. « Le deuxième élément c’est que les salaires trop élevés dans la sphère publique font qu’aujourd’hui que la politique attire vers elle tous les talents y compris ce qui relèvent de l’ivraie de la société.

Tout le monde rêve de devenir politique non pas pour servit mais parce que la politique est la seule voie qui permet un enrichissement rapide. Je voulais que l’Assemblée nationale donne le ton en assurant la réduction de son propre train de vie. J’ai vu que les collègues aussi bien de la Majorité que de l’Opposition y sont opposés. Et donc ils ont rejeté l’amendement, ce qui est fort regrettable ».

Dans cet amendement, Delly Sesanga a pris comme référence le secrétaire général de l’administration publique, il en a donné les raisons: « le secrétaire général, c’est le point le plus élevé du point de vue de l’administration. Mettre un lien entre la situation du secrétaire général de l’administration publique et celui du député permet de créer une solidarité entre la rémunération des élus et la rémunération de nos fonctionnaires, la rémunération de toutes les autres catégories sociales.

On ne peut pas comprendre aujourd’hui qu’un soldat de la classe touche 80 dollars, là où nous voulons remettre la sécurité et de l’ordre à l’Est avec ce soldat, et avoir des députés qui touchent 150 ou 200 Francs plus. Je suis gêné par cette situation. Et de conclure : « Le député est le garant de l’intérêt général.

C’est le seul avec le Président de la République à avoir reçu le mandat direct de la communauté nationale pour le représenter et à ce titre, le député doit être exemplaire pour avoir suffisamment de force et d’autorité morale pour s’attaquer aux autres catégories. Si le député lui-même augmente sa propre rémunération, il n’aura jamais le courage, ni le poids moral de s’attaquer à des rémunérations d’autres catégories dans ce pays. Et je pense que le Congo est de ce point de vue un vrai scandale ».

Pisthou Mulumba/Le Potentiel


(TN/TH/Yes)