Ingérence des sénateurs des Etats-Unis dans les affaires intérieures congolaises, Kikaya Bin Karubi y voit une anguille sous roche

Kinshasa 05-10-2017 Politique – Il y a anguille sous roche en fait, c’est un appel au respect qui manque à la pleine souveraineté de la RDC sur ses terres. Kikaya Bin Karubi dénonce ainsi toute ingérence dans les affaires intérieures congolaises.

Kikaya Bin Karubi, Conseiller diplomatique du Président congolais, a réagi à l’initiative des sénateurs démocrates américains et a estimé que toute ingérence des USA dans les affaires l’intérieures congolaises, au lieu d’apporter la solution, risque au contraire d’envenimer davantage la situation. Il a fait savoir qu’il était surpris car il avait rencontré dernièrement trois des signataires de la lettre adressée à Dolnald Trump. Il soutient leur avoir expliqué les tenants et aboutissants de la crise congolaise. D’où, cette lettre intervenue à la veille de la venue à Kinshasa de l’Ambassadrice des USA aux Nations – Unies tombe, à son avis très mal à propos, car de nature à troubler les esprits du côté congolais.

Le nouveau président américain, Donal Trump, s’est exprimé dernièrement sur le dossier « Afrique » à la tribune des Nations-Unies, lors de la 72ème session de cette organisation. On a retenu de son intervention qu’il était terriblement choqué par les violences qui touchent les pays d’Afrique, à cause du déficit de démocratie et de la mauvaise gouvernance, caractéristiques principales des régimes autocratiques. Entre autres images fortes de son hostilité aux dictateurs d’Afrique, on retient son refus de serrer la main à certains et de les associer à son diner de gala pour d’autres. Pendant que l’on s’interroge sur l’orientation qu’il va imprimer à sa politique africaine, six sénateurs démocrates viennent de lui adresser une lettre, dans laquelle ils lui demandent de s’impliquer en urgence dans la résolution de la crise politique, sécuritaire et humanitaire qui touche la République Démocratique du Congo. Les six signataires de ladite correspondance se nomment Elisabeth; Warren, Eduard Markey, Cor boocker, Richard Durdin, Benjamin Cardin et Christoph.

En gros, ils écrivent, mais leur lettre au locataire de la Maison Blanche, une situation politique, sécuritaire et humanitaire chaotique en territoire congolais, à cause essentiellement d’un environnement préélectoral surchauffé, provoqué par la non mise en oeuvre de l’Accord du 31 décembre 2016. Même si le Chef de l’Etat congolais a soutenu, dans son discours aux Nations Unies, que ce compromis politique était déjà en application et que le cap était résolument mis sur les élections, les six sénateurs démocrates précités relèvent que les points sensibles de cet accord ne sont pas respectés, notamment ceux en rapport avec le mode de désignation du Premier-ministre et du Président du Conseil National de Suivi de la transition, ainsi que les mesures de décrispation politique.

Elisabeth Warren et Compagnie ont fait savoir à Donald Trump qu’il faut de nouvelles et fortes pressions sur les hommes au pouvoir à Kinshasa pour espérer obtenir, dans un délai court, l’alternance démocratique au sommet de l’Etat, à l’image des sanctions des USA et de l’UE prises en 2016 contre certaines personnalités politiques et militaires congolaises, lesquelles avaient abouti à la tenue urgente du Dialogue du Centre, Inter-diocesain et à la signature manu militari de l’Accord du 31 décembre 2016. Les signataires de la lettre à Trump lui recommandent de prendre non seulement de nouvelles sanctions, allant du gel des avoirs de tous ceux et toutes celles qui bloquent le processus électoral congolais au refus de visas, mais d’envisager le recours à tous les moyens qu’exigerait le déblocage de la crise politique congolaise. A leur avis, sans une attitude de fermeté à l’égard de Kinshasa, aucun résultat ne pourrait être obtenu dans le sens de la tenue des élections, d’autant plus que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) excelle dans de fausses promesses de publication d’un calendrier, électoral, à l’instigation du pouvoir en place. Donald Trump est fortement interpelé au sujet des violences qui ont déjà fait 5.000 morts au Kasaï et plus d’un million et demi de déplacés, sans compter la persistance des violations massives des droits de l’homme et des libertés publiques. Le président américain est invité à ne pas se montrer distrait face au dossier « RDC » car le chaos pointe à l’horizon. Les observateurs pourrait avoir un lient étroit avec le souci de Donald Trump de disposer de suffisamment d’informations sur la situation politique, sécuritaire et humanitaire congolaise avant de lever une quelconque option. On signale que cette diplomate, pressentie comme successeur de Rex Tillerson à la tête du Département d’Etat, s’était fait remarquer, à Genève comme à New York, par une position intransigeante à l’égard de Kinshasa, en exigeant la mise en place d’une commission d’enquête internationale dans le dossier des violences au Kasaï et de l’assassinat de deux experts de l’ONU (Zaida Catalan et Michael Sharp) dans cette partie de la RDC.

Kimp/Le Phare